Julien

Inscrit le : 04 Mar 2007 Messages : 96 Localisation : Nantes
| Sujet: La République contre la Démocratie. Ven 20 Avr - 10:37 | |
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« Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République … » Laurent Fabius, au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003
- Il peut paraître étrange de penser que la République est contre la démocratie, puisque elle se veut légitimer par la volonté populaire, donc par la démocratie.
- Vous pensez que je suis devenu fou, en prenant la défense de la démocratie, régime dont j’ai montré les incohérences. Mais je vous rassure, que non, je veux juste montrer les incohérences de la république.
- Mais comment, la république peut aller contre la démocratie. Et si notre république n’est pas démocratique, quelle est donc sa nature ?
- Quelle légitimité à la République ?
- La République s’est installée contre la monarchie de droit divin. Le roi tenait son autorité de Dieu «il n’a point d’autorité qui ne vienne de Dieu » Saint-Paul. La Révolution fut surtout contre l’Eglise catholique. Par conséquence, elle ne pouvait pas se réclamer de droit divin. Cela zapperait ses fondements et son essence même. Pourquoi décapiter un roi de droit divin, suppôt de l’Eglise, si c’est pour mettre une République de droit divin ?
- Louis XVI tenait aussi sa légitimité par la tradition. Il a reçu des institutions léguées par ses pères. La République est née ex-nihilo, sans fondement historique. Elle ne pouvait pas prétendre à cette légitimité.
- Donc, il ne reste qu’à la République et à la Révolution de tirer sa légitimité du peuple. Sa légitimité est donc par défaut, et malgré elle.
- Quel peuple ?
- La République tire son autorité du peuple. Mais quel peuple ? Quelle représentation de peuple ? La représentation populaire fut-elle identique à travers les époques ?
- Tous d’abord, la République n’a jamais pris le peuple ou dois-je dire « les peuples » français comme ils furent. La République a toujours rêvé d’un peuple idéal, à son image, un peuple bien éloigné de la réalité. Les français furent toujours conservateur, attachés à leurs terres. Le projet révolutionnaire était de changer le peuple quitte à exterminer en masse : « C’est par principe d’humanité que je purge la Liberté de ces monstres ». Laplanche.
Ce changement de peuple a commencé par le jacobinisme, il fallait déraciner les peuples français pour en faire qu’un qui soit idéal. Les résistants tels les vendéens ont été exterminés.
- De plus, nous ne pouvons pas dire qu’est ce qu’un français. La France s’est construite en fédérant autour du roi, des provinces. De là, il en découlait que nous étions français par le sol. Certaines provinces comme le comtat d’Avignon ou l’Alsace, nous étions français par le sang. La monarchie a pris donc acte de l’identité française, par la réalité pour déterminer que nous étions français par le sang. Depuis 200 ans, nous sommes français selon les circonstances politiques. Le droit du sang ou du sol a se sont succédé pour déterminer qui était français non pas par réalisme mais pour fin politique : militaire ou pour assimiler des nouveaux venus. Actuellement, par cette politique, nous ne pouvons pas dire qui est français en toute objectivité. Le choix entre droit du sang ou du sol devait déterminer et protéger l’identité nationale et non par idéologie. La solution trouvée par nos républicains devant leurs erreurs et de métisser le peuple français avec les nouveaux arrivants, pour créer un nouveau peuple français. La volonté jacobine de déraciner les peuples de France et d’en créer un nouveau à leur idéal, est toujours d’actualité. Pouvons- nous avoir une démocratie et donc une légitimité de la République, si nous changeons l’identité du peuple ? Les athéniens n'avaient-ils pas mis le droit du sang quand elle fut en démocratie?
La nation est le socle de la démocratie moderne. Nous en avons un contre-exemple parfait en Irak. L’intervention américaine a été désastreuse car les Américains ont cru pouvoir apporter la démocratie à une entité qui n’était pas nationale. » (SOURCE : Alain Finkielkraut, « Comment peut-on être Français ? », in « Le Figaro littéraire » du 15/03/07.)
Au cours de nos « expériences démocratiques », nos républicains n’ont cessé de changer le mode de scrutin pour se maintenir au pouvoir. En Avril 1797, les royalistes gagnent les élections pouvant permettre le retour de Louis XVIII et des Bourbons au pouvoir, et mettre fin à la Révolution. Afin d’éviter cela, nos démocrates annulent l’élection de 200 députés royalistes et font appel à l’armée, pour rétablir leurs pouvoirs. Comme le note Jacques Hers, ce même principe, mais moins musclé sous la IVème République a été appliqué. Notre mode de scrutin a changé soit à la proportionnelle ou au scrutin uninominal, pour empêcher des opposants au système de prendre le pouvoir. Sans compter, des découpages électoraux qui ne correspondent pas à aucune réalité politique ou culturelle.
Nos représentants ne représentent qu’eux-mêmes et non les français. En 2002, 40% des français ont voté pour l’UMP, et celui-ci à la majorité absolue. Malgré 6 millions d’électeurs, le FN n’a aucun député, alors que le PC avec ces 3% a 20 députés. C’est toujours la bande des quatre qui monopolisent le champ politique.
Non seulement, il n’a pas que le système électoral qui a changé, mais aussi la définition même du citoyen. La IIIème République se sachant tellement sûre de sa légitimité, n’octroyant le droit de vote qu’aux hommes, car ils pensaient que les femmes plus bigotes, allaient être influencé par le clergé. Et comme, elles auraient été majoritaires, la République laïque aurait disparue. En outre, parmi les hommes aya[/color]nt le droit de vote, tous n’avaient pas ce droit. En effet, les militaires et le clergé ne pouvaient pas voter. Il est bien connu que ces classes sociales étaient hostiles à la République et plutôt royalistes. Ainsi, la République interdit à la majorité des gens pouvant voter pour le retour du roi, à voter. Maintenant, notre République, voyant que le bon vieux peuple français est loin de son idéal, fait venir des immigrés en masse, et leurs accordent le droit de vote. Les français, non bien sûr rien à dire, les nouveaux arrivants ont plus de droits. Le système espère bien que ces nouveaux français le soutiendront. (Nous pouvons penser que les élections de dimanche nous donneront bien de surprises de ce côté-là.)
La République donc détermine qui est citoyen ou pas, selon les circonstances politiques et non de la réalité française. Peut-il avoir une démocratiesans peuple ?
-Quelle légitimité démocratique de notre République ?
- A l’origine, notre système moderne est né d’un coup d’Etat, quand les Etats-Généraux de 1789 se sont autoproclamés « assemblée nationale », c’est-à-dire l’autorité suprême pour faire les lois. Ce fut une rupture, puisque jusque là, ce fut le roi d’où émaner la loi. Les Etats-Généraux n’étaient qu’une chambre consultative pour l’impôt. Les Etats-généraux avaient élus par une société qui n’avait rien avoir avec la suite. Les clergés avaient leurs députés, ainsi que la noblesse et le tiers-Etats. De plus, les femmes avaient le droit de vote. Ce droit aux femmes sera supprimé par la Législative pour réapparaitre en 1945. Comment une chambre se disant représentative et source de loi peut-elle exclure 50% de l’électorat ? Je ne pense pas que les femmes aient renoncés spontanément à ce droit.[/color]
- Par la suite, aucune de nos républiques ne fut approuvée par le peuple. La Ière est née du coup d’Etat en déposant Louis XVI, sans demander au peuple. La deuxième et la troisième a vu une chambre à majorité monarchique, alors que la République fut proclamée par un petit nombre d’extrémiste. La IVème fut approuvée par referendum avec une forte absentions. Et la Vème fut plus un plébiscite pour un homme que pour un régime. De plus cet homme fut nommé par le précédent régime illégitime. Aucun régime républicain n’a été légitimé par le peuple, alors qu’ils se réclament d’eux.
- Une république oligarchique ?
- Nous avons pu voir que la République ne peut ni se prétendre du droit divin, et ni de la volonté populaire. La légitimité républicaine ne repose sur aucune légitimité concrète. Elle ressemble de ce côté-là à la monarchie de Juillet. Mais contrairement, à ce régime qui savait sa légitimité faible. La République a sacralisé le peuple et prétendre gouverner par lui et avec lui et par lui.
- Notre république haït la démocratie, puisque si nous étions en démocratie, nous ne serions pas en République. Souvenons-nous de l’option démocratique des Ultra sous la Restauration, car ils savaient que le peuple était conservateur, que la chambre de 1848 et 1871 ont donné des majorités royalistes. La République a fait des coups d’Etat, le peuple par servitude volontaire l’a acceptée. Mais pour combien de temps ?
- Pourquoi notre République interdit-il de débattre sur des sujets telle l’immigration, alors que 40% des français trouvent qu’il y a trop d’immigrés ? Pourquoi le NON au CTE n’est pas pris en compte durant cette campagne présidentielle ?
- Depuis deux cents, après un coup d’Etat fait par une minorité, leurs successeurs continuent à dilapider la France. Les noms de partis changent, mais les idéologies non. Cette élite politique pense qu’ils sont plus apte à gouverner que le peuple, auxquelles ils sont censés tirés leurs légitimités. N’entends pas qu’il est impossible de revenir sur l’Euro, Mais la loi n’est elle pas l’expression de la volonté générale selon l’article 6 des droits de l’homme ? Nos démocrates ne respecteraient-ils pas les droits de l’homme, dont ils se prétendre les détenteurs ? Nous voyons donc bien que la République gouverne sans le peuple, qu’elle n’est pas un moyen de gouverner mais un but. Son but est de créer une République universelle : "Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question est de savoir s'il sera créé par conquête ou par consentement". Paul Warburg,
- Notre République n’est-elle pas, au fond, voltairienne ? il faut que le peuple soit guidé, et non instruit" Voltaire
Prit sur le blog du Partisan Blanc membre de notre forum. (trop modeste pour le poster lui même lol) |
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Tudry

Inscrit le : 03 Mar 2007 Messages : 49 Localisation : Rennes
| Sujet: Re: La République contre la Démocratie. Jeu 26 Avr - 14:33 | |
| A lire aussi la numéro 22 de la revue LES EPEES "Les élections contre la démocratie" ... |
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