
Union Royaliste Bretagne Vendée Militaire
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| | LA FRANCE & L’EUROPE TOTALITAIRE | |
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Admin Admin

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 | Sujet: LA FRANCE & L’EUROPE TOTALITAIRE Lun 11 Juin - 13:29 | |
| « Est français, celui que l’État décide qu’il
l’est »
Sur France Culture, ce matin du samedi 5 mai 2007, M. Finkelkraut faisait sienne une définition minimaliste, mais oh combien lumineuse, de la nationalité française, celle-ci tirée des colonnes de l’hebdomadaire Télérama : « Est français, celui que l’État décide qu’il l’est » Notons au passage et pour le fun, que les sources de notre pensée politique ne se situent donc plus à l’évidence chez Montesquieu, La Boétie ou Benjamin Constant parexemple, mais dans les programmes télévisuels ! Déjà un signe, et singulièrement édifiant… Précisons que pour ceux qui ne verraient pas immédiatement ce que recèle d’arbitraire et de potentiellement totalitaire une telle définition de la nationalité, tout secours est inutile. Arbitraire le mot est effectivement bien faible puisqu’il s’agit, ni plus, ni moins, pour l’État de décider « qui est qui ». Par conséquent, d’exclure ou d’accepter qui « IL » entend faire profiter des avantages acquis de la nationalité, droits pour les uns, astreintes et devoirs pour les autres. Une telle disposition se retrouve évidemment au niveau européen, dont les critères de citoyenneté sont exclusivement « légaux » ce qui en l’occurrence ne veut strictement rien dire sauf à n’avoir que des citoyens de papier sans obligation d’aucune sorte à l’égard de leur espace géographique légal. Des critères aussi fluctuants que fumeux, idéologiquement déterminés, autrement dit abstraits, c’est-à-dire coupés de toute réalité matérielle, vivante, organique.
Et l’homme dans tout cela ? Il est clair qu’une telle définition n’a pas été forgée au profit des «indigènes » de la République (les vrais), mais de tous ceux qui prétendent venir se régaler du miel des siècles, mettre au pillage les richesses accumulées par le labeur des générations passées. Il ne s’agit pas ici seulement de l’immigration, l’arbre destiné à masquer la forêt, la multitude de ceux qui, sous couvert d’un construction européenne idyllique (en vérité misérable cache sexe de la mondialisation), viennent piller nos patrimoines (à l’instar des forêts, amazoniennes, indonésiennes, etc, d’ailleurs) en mettant en coupe réglées nos économies, nos savoir-faire et, in fine, nos extraordinaires ressources humaines.
De Gaulle avait dit que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille » (la Bourse) ! Cela fut peut-être vrai durant son bref interrègne, et encore. Aujourd’hui la corbeille a disparu et avec elle,
les idées désuètes de grandeur et de rayonnement de la France défendus par de Gaulle. Le sort des nations et des peuples se décide à présent, uniquement ou presque, sur des places boursières (lesquelles ont été rarement aussi florissantes qu’en ces temps de crise larvée), et un peu au G8. Bref, le sort des peuples est entre les mains d’une poignée de grands donneurs d’ordre, politiques et financiers confondus qui communient tous dans la vulgate néo-libérale des gourous libertariens de Chicago, les Friedmann, père et fils, qui ont donné au monde, un siècle après Marx, sa nouvelle religion, le monothéisme du marché. Pour ne pas conclure sur la nationalité façon Finkelkraut-Télérama, on sent tout ce qu’une telle définition porte de potentiel destructeur des peuples et de la société des hommes, et pas seulement quant à leur identité, à leurs racines, à leur mémoire, en un mot, quant à leur être réel. Une définition « totalitaire » de la citoyenneté-nationalité, expression d’un arbitraire absolu de l’ « État » (alors qu’en principe en démocratie, l’État c’est nous, nous tous), qui vient compléter le terrible corsetage de nos libertés fondamentales qui se met en place. L’ombre recouvrant le monde du Seigneur des Anneaux, n’est pas seulement un rêve : elle se fait réalité et cauchemar. Eh oui, nos libertés les plus essentielles, les plus fondamentales, s’effacent un peu plus chaque jour, à commencer par celle de penser, de s’exprimer, de communiquer, principes co-axiaux de nos sociétés et plus encore, de notre civilisation.Les ruiner, c’est en effet plonger au cœur d’une nouvelle forme de barbarie, le retour à la case départ.
Qu’on en juge !
Dans une libre tribune du Figaro paru en avril, Philippe Jannet, président du Groupement des éditeurs de sites en ligne, nous alerte sur la préparation, en marge de la campagne, d’un décret d’application de la Loi dite d’Économie numérique, du proprement terrifiant.
« Sous prétexte de surveiller au plus près les internautes, un décret d'application de la loi sur la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d'accès à Internet, conservent toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile, pour les délivrer à lapolice judiciaire ou à l'Etat, sur simple demande ».
Cela signifie que l’État va se doter de la capacité absolue de connaître, scruter, surveiller les moindres aspects de notre vie privée : nos dires, nos actes, nos déplacements et même nos pensées ; « tout savoir sur tout et tous, même l'impossible. Selon ce texte, les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d'accès à Internet, les hébergeurs et les responsables de services en ligne (sites Web, blogs, etc.), devraient conserver pendant un an à leurs frais toutes les coordonnées et traces invisibles que laissent les utilisateurs lors d'un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d'un article, d'une photo, d'une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog ». « En substance, devraient être conservés les mots de passe, "pseudos", codes d'accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses électroniques, adresses postales, le numéro de l'ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d'accès à un réseau, les dates et heures d'appel, de connexion et de chacune de leurs consultationsou contributions sur un site Internet ». « Le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur "l'Internet français". De l'avis unanime des spécialistes, c'est économiquement et techniquement impossible. Même les Etats-Unis de George W. Bush et leur "Patriot Act" post-11-Septembre n'ont jamais envisagé pareille conservation ou réglementation, qui soulèverait sans doute l'opinion publique américaine d'aujourd'hui, mais s'opère sans bruit en France." « Le coût, aussi bien pénal qu'économique, d'un tel dispositif serait colossal pour la France. En cas de résistance, ou juste de passivité, la sanction encourue est lourde : les fournisseurs d'accès à Internet ou les sites Internet français qui ne conserveraient pas toutes ces données seront passibles de 375 000 euros d'amende et leurs dirigeants, d'un an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, sans compter la fermeture de l'entreprise, l'interdiction d'exercer une activité commerciale".
Passons sur la lourde hypothèque que fera peser de telles contraintes juridiques, et partant techniques sur les réseaux français de la Toile face à la concurrence mondiale, Phillipe Jannet relève encore que ce sont effectivement les libertés fondatrices de notre système sociétal, qui se trouvent dans ce cas foulées aux pieds sous couvert de combattre un terrorisme largement artificiel car fabriqué par la politique démente de Washington : « toutes les données conservées seraient accessibles à la police administrative (RG, DST, etc.) comme à la police judiciaire, pendant un an. Les réquisitions administratives pour la "prévention du terrorisme seraient également conservées un an dans des fichiers tenus par les ministères de l'intérieur et de la défense. Les réponses à ces mêmes réquisitions - nos traces, donc - seraient, pour leur part, conservées pendant trois ans supplémentaires et communicables à la police judiciaire ».« Ainsi, des données récoltées sur la base de requêtes administratives initialement motivées par la prévention du terrorisme pourraient se retrouver dans le dossier d'un juge d'instruction… Sans que les personnes mises en cause par des traces informatiques vieilles de 4 ans, puissent connaître - ni contester - l'origine ou la pertinence de ces données, ni le contexte dans lequel elles avaient été recueillies, en dehors de toute procédure judiciaire, sans magistrat ni contradictoire, quatre ans auparavant ».
Finalement « la confusion entre le renseignement d'Etat et la justice, qui relègue la séparation des pouvoirs au rang de fiction juridique. Enfin, le risque qu'un tel dispositif ferait peser sur la régularité des procédures judiciaires au regard de notre procédure pénale. C'est-à-dire le risque de priver une politique de sécurité de toute efficacité ».
Ici, non seulement la France s’aligne sur la politique américaine de surveillance globale de ses citoyens sous couvert du Patriot Act, mais de plus, fait de la surenchère. Une surenchère mortelle pour une démocratie déjà engagée dans une dérive orwellienne. Qui plus est, ce qui est vrai pour la France, l’est plus encore, et a fortiori, pour une Union européenne aux pouvoirs aussi discrets que tentaculaires, et qui s’étendent de jour en jour.
L’Union européenne qui vient ainsi de faire passer une loi punissant les « crimes contre la pensée » relatifs à la « pornographie mémorielle » que constituent le révisionnisme et le négationnisme associés au racisme. Le Règlement européen instaurant une mémoire unique et universelle pour tous, autrement dit une historicité officielle, dogmatiquement fermée, close pour toujours à l’instar des articles de la charia ; un règlement en un mot totalitaire mais que tous accepteront sans barguigner : telle donc est la vraie tournure d’esprit de nos «démocraties» en cette aube de Troisième millénaire.
Le 20 avril 2007, El Pais nous signalait en ces termes ce qu’aucune grande chaîne de l’audiovisuel français n’avait jugé bon de rapporter qu’« après cinq ans de discussions, les ministres européens de la Justice sont parvenus jeudi 19 avril à un compromis sur une législation visant à lutter contre le racisme et la xénophobie et la négation des génocides…Initiative, qui prévoit dessanctions pénales communes [3 années d’incarcération] pour la négation de l'Holocauste… Déjà pénalement poursuivis dans neuf pays de l'Union, mais exclut les excès du stalinisme, allant ainsi contre la volonté de la Pologne et des Pays baltes ».
Dernière édition par le Lun 11 Juin - 13:29, édité 1 fois |
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Age : 31 Inscrit le : 23 Fév 2007 Messages : 142 Localisation : Nantes
 | Sujet: Re: LA FRANCE & L’EUROPE TOTALITAIRE Lun 11 Juin - 13:29 | |
| Ce que ne précisait pas le quotidien espagnol, c’est que la sanction
s’applique à tous les génocides. Qu’ainsi, raconter l’histoire des
événements de Bosnie, notamment les massacres de l’enclave de
Srebrenica, en s’appuyant sur certains documents des Nations Unies
écartés par l’histoire officielle, rend passible de lourdes peines,
financières et d’emprisonnement.
À présent, le drapeau de la
liberté de parole flotte donc haut sur l’Europe pour la plus grande
gloire de tous les ardents et âpres défenseurs de la libre-pensée, à
commencer par la petite communauté de Charlie Hebdo qu’était venue
soutenir, lors de son procès (dit « des caricatures de Mahomet ») le
Ministre de l’Intérieur et des Cultes en personne, M. Nicolas Sarkozy
dont les conceptions de la liberté d’expression sont apparemment à
géométrie très variable.
Tout le monde aura, bien entendu, noté
le peu de place occupée par le devenir de l’Europe au sein d’une
campagne de petits de notre pays se joue aujourd’hui d’abord en Europe
et par l’Europe, face aux défis très pressants de la mondialisation.
Doit-on à ce propos rappeler quelques faits élémentaires en citant, par
exemple, le militant de gaucheBernard Fischer, lequel écrivait le 24
avril et avec une certaine pertinence : [« Sarkozy: la descente aux enfers »] que « le 29 mai 2005, 55 % des électeurs français votaient contre le projet de constitution européenne, c'était une victoire politique du peuple français, au nom de tous les peuples d'Europe et dumonde ».
Or les « 85% de participation, 31 % des voix pour Sarkozy, 25 % des voix pour Royal et 19 % des voix pour Bayrou au premier tour des élections présidentielles, c'est une importante défaite politique du peuple français, au nom de tous les peuples d'Europe et du monde. En effet, le 29 mai 2005, 55 % des électeurs votent contre l'Europe libérale, le 22 avril 2007, 75 % desélecteurs votent pour les candidats du oui à l'Europe libérale
»
Reste qu’au final pour Fischer « la stratégie commune des deux coalitions électorales françaises pour le deuxième tour des élections présidentielles françaises, c'est la guerre des civilisations de Bush. C'est vrai pour la coalition d'extrême droite et de droite de Le Pen Villiers Sarkozy. C'est vrai pour la coalition de gauche et du centre de Royal Strauss Kahn Rocard KouchneretBayrou ».
On peut ne pas partager dans son intégralité une telle analyse, certes à
l’emporte-pièce ; il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas inutile de
la méditer à l’aune de ce maillage de lois scélérates dont deux parmi
beaucoup d’autres viennent ici d’être évoquées ; lois et règlements qui
s’installent à bas-bruit, tant en France que dans l’Union, et dans ce
dernier cas avec une autorité et une force de contrainte démultipliées
par le nombre.
L’Europe n’offrira bientôt plus d’asile au mal-pensant, c’est-à-dire,
ultérieurement, à tous les dissidents de la pensée non-conforme.
Une Union qui se prévaut d’une immense réussite « la Paix »
! Il suffit de nos jours d’affirmer avec suffisamment d’aplomb pour
parvenir assez facilement à faire avaler les plus énormes mensonges, et
sans risque d’être contredit, le système communicationnel étant hermétiquement verrouillé.
L’Europe est à ce point promotrice de la paix qu’elle a directement engendré une guerre de 7 ans dans les Balkans (1992/1999) avec
pour objectif avoué le démantèlement de la Fédération yougoslave et
l’écrasement de nos alliés serbes rebaptisés pour la circonstance par
une droite onaniste, « serbolchéviques
». Enfin nos humanitaires pris en otages en Afghanistan, nous
rappellent opportunément que la France et l’Union européenne sont en
guerre, sous couvert de l’Otan, aux côtés des forces américaines.
Que cette guerre sur les hauts plateaux d’Asie centrale n’est pas notre
guerre ; que notre armée hautement mécanisée fait une guerre
asymétrique à des gueux et des va-nu-pieds dont le seul tort est de
vouloir vivre selon leur foi et leurs coutumes. Et avec les brillants
résultats que l’on sait : les femmes afghanes n’ont jamais été aussi
voilées qu’à présent (après tout nos grand-mères portaient bien des fichus
!) et que la culture du pavot qui avait quasiment disparu sous les
Taliban, a littéralement explosé avec l’occupation anglo-américaine. Plus
de 5000 T l’an contre 180 à la chute de Kaboul en
décembre 2001.
Demain ce sera le Darfour pour lequel on commence à découvrir l’intérêt
géostratégique en raison de ses gisements de pétrole et d’uranium ; un
vrai motif de guerre, toujours omis cependant dans les commentaires
larmoyants des médias. Mme Royal et M. Sarkozy, tout
comme d’ailleurs M. Bayrou, ont à ce titre co-signés de fermes
engagements préélectoraux dans le sens d’un interventionnisme musclé à
la
demande et à l’initiative du Collectif Darfour
animé par messieurs Bernard Henri-Lévi et Bernard Kouchner. Et ces
promesses-là seront assurément tenues. Plus que toutes les autres qui
n’engagent que ceux qui ont la faiblesse ou la niaiserie de les écouter
et de le prendre pour argent comptant. Aucun candidat et moins encore
les
présidentiables, n’ont bien entendu ouvertement évoqué ces perspectives
de nouveau front. Une guerre de plus au prétexte éculé d’ingérence
humanitaire ; mais pourquoi alors, si c’est la compassion qui
anime toutes ces grandes âmes, ne pas intervenir massivement en Irak,
lequel est un Darfour à la puissance mille ?
À ce propos, la danse-du-ventre de M. Sarkozy ces derniers jours de
campagne a eu quelque chose de fabuleux ; du Mont St Michel à
l’Ossuaire de Douaumont pour finir sur les maquis de la résistance, M.
Sarkozy a convoqué tour à tour la France éternelle, les morts de
Verdun, la résistance face à l’Allemand. Apparemment personne ne s’est
ému d’une telle débauche patriotique, ni n’en a conclu à l’histrionisme
droitier. Ceux qui auraient eu encore la candeur de se bercer
d’illusion auraient dû à ce moment les perdre toutes, car trop, c’était
décidément trop. Il est vrai que la France est malade, malade de ses «
Trente glorieuses » qui l’ont vue refluer de partout et notamment
perdre la profondeur de champ stratégique que lui offrait l’Afrique du
Nord et l’Afrique de l’Ouest d’où s’étaient élancées les colonnes de la
« France-Libre ».
Pour être encore plus abrupt, j’ai le
sentiment que nous sommes revenu à l’époque de ce « Front popu » que
les imbéciles de tous bords continuent d’idéaliser… trois ans après
c’était l’épouvantable guerre européenne. Une guerre de tous les
génocides. Vous me direz que le candidat de Washington – M. Bush
n’a-t-il pas été le premier à féliciter l’impétrant ? – semble plus
proche des néo-conservateurs (ces tueurs en col blanc) que de la gauche
socialiste. Rien n’est moins sûr car ce président frais émoulu a
quelque
chose de Tony Blair, son cher ami, travailliste grand teint, qui a eu la
délicatesse de lui adresser ses compliments en français via la Toile.
Il serait quand même temps de se rendre compte que c’est la grande valse
des étiquettes. La gauche gauche est morte au premier tour et les deux
finalistes n’étaient en réalité que des variantes d’un même produit,
version soft, version hard, démocrate ou républicaine
selon les goûts et les couleurs. Dans ce cas de figure, l’électeur
était de toutes les manières, échec et mat, toujours perdant, le
système toujours gagnant. Il a fallu seulement trois petites années,
après l’arrivée de Blum au pouvoir, pour que la France bascule dans
l’abîme en déclarant, à la suite de l’Angleterre, la guerre à
l’Allemagne. Je crains hélas qu’il ne faille attendre si longtemps pour
partir en croisade non plus le roi de Prusse, mais bien pour les rois
du pétrole. Le premier voyage du nouveau Président aura pour
destination Berlin et Mme Merkel. Cela paraît de mauvaise augure, tout
comme le refus de démissionner d’Ehoud Olmert ou le départ toujours
reporté de M.Tony Blair. Comme si l’on attendait l’arrivée du dernier
invité au bal des maudits, et l’élection de M. Sarlozy pour pouvoir passer
à l’acte… Le président du Likoud, Benjamin Netanyahou, a d’ailleurs
qualifié l’élection de Nicolas Sarkozy, un « ami personnel », de « bonne nouvelle pour les relations entre la France et Israël »
Une "ère nouvelle dans les relations avec la France" en effet comme
titrait le quotidien Yédiot Aharonot dont l’éditorial notait :
"Les origines juives du prochain président catholique français ont suscité de grands espoirs à Jérusalem (...) Mais il est président de la République française, et non Premier ministre israélien", certes !
Cela avant de préciser : "Il est cependant significatif qu'il ait entamé sa campagne électorale à l'étranger en visitant Yad Vashem (le Mémorial de la Shoah) à Jérusalem. Cela oblige, et il est à présent tenu de faire face au défi du nucléaire iranien". Le programme de M.
Sarkozy ne saurait, apparemment, ne faire aucun doute aux yeux de ses
amis israéliens et c’est bien là que le bât blesse. De Londres à
Tel-AViv en
passant non par la Lorraine mais par Berlin et Washington, l’homme qui
assure pour nous la magistrature suprême à trop d’amis, surtout à
l’extérieur de nos frontières. Des amis qui d’ailleurs ne nous veulent pas
nécessairement du bien…
Si plus rien ne fait obstacle à l’alignement de l’Europe (ou à sa satellisation) sur les Etats-Unis, ce sera la guerre !
L’éternel rabat-joie que je suis et demeure, en a la forte conviction. Mais chacun sait que nul n’est prophète en sont pays, vox clamenti in deserto… Une analyse et une conviction
cependant partagée par des hommes d’horizons divers qui ont cependant
en commun de regarder et de voir au-delà de la ligne bleue des Vosges.
Des convergences de vue qui dépassent et de loin, des prémices
politiques ou idéologiques parfois très éloignées.
Jean Grimal, lui aussi militant alter-mondialiste, (« Entre la peste et le choléra, il n'est pas de choix possible ») apporte également une précision utile : « Faire de Sarkozy l’allié de choix des USA, c’est oublier bien vite que, depuis 1947 les socialistes et les soi-disant centristes furent en France les plus atlantistes en même temps que les plus fermes partisans de l’Union européenne ; c’est oublier un peu vite que Mitterrand a fait la première guerre du golfe, que Jospin a fait celle de l’OTAN en Yougoslavie, que Mitterrand a d’ailleurs été un des premiers après l’Allemagne à reconnaître la Slovénie et la Croatie et enfin que rien ne permet de penser que si Jospin avait été au pouvoir à la place de Chirac, il n’aurait pas embarqué la France dans la guerre d’Irak. Je passe sur le soutien inconditionnel apporté à Israël par le PS et sur la promesse un peu ridicule de Royal de boycotter les jeux olympiques de Pékin par représailles contre la Chine qui traîne un peu à faire appliquer la ligne de Bush au Darfour ».
Force est d’admettre que la lucidité, eu égard à certains enjeux cruciaux,
n’est pas absente à l’extrême gauche, mais à laquelle il convient
cependant de ne laisser ni le monopole du cœur, ni évidemment celui de
la raison. Il faut pourtant regretter, qu’enfermé dans une vision trop
facilement rétrospective (le syndrome de l’écrevisse) nous n’ayons
qu’insuffisamment et trop peu souvent la volonté de regarder par-delà
les limites du pré-carré français. Dans le même ordre d’idée, l’une des
leçons de cette campagne aura été de découvrir, avec regret pour les
uns et avec dégoût pour d’autres, que le parti souverainiste jusque
dans ses variantes post-gaullistes, à quelques rares exceptions près, a
cru devoir se rallier sans barguigner au Blair français (l’anglais
comme l’éventuel tenancier de l’Élysée, s’illustrant l’un comme
l’autre, pour leur maestria à manipuler le verbe et les masses), allant
de cette manière à contresens total de leur prétendu engagement pour
une nation française libre, indépendante et souveraine.
Pour en terminer avec l’évocation de cette indéniable montée
des périls, mentionnons le différend qui oppose durement la Fédération de
Russie aux É-U à propos du dispositif de missiles anti-missiles à la
mission équivoque que doit héberger la Pologne, afin de contrer
d’éventuelles frappes iraniennes (le comble du ridicule), ou peut-être,
plutôt, d’endiguer (encercler) la nouvelle Russie ?
Bientôt les lendemain qui déchantent, puisqu’il n’y aura plus de Non possible à l’Europe, M. Sarkozy, nous l’a promis, il n’y aura plus
de referendum, un fut un de trop. Or comme l’Europe c’est la guerre… (voir
plus haut), les Français ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, il
eut suffi de vouloir ouvrir les yeux et se boucher les oreilles à la flûte
du joueur d’Hamelin !
« Les plans américains pour installer un bouclier contre les missiles intercontinentaux en Pologne et en République tchèque, ont reçu une approbation tacite de la part des 26 membres de l’OTAN lors de la rencontre de jeudi dernier 19 avril, malgré l’opposition au plan à l’intérieur de l’Union européenne et de la part de la Russie. Sur les 26 membres de l’OTAN, 22 sont aussi membres de l’UE, y compris l’Allemagne (qui avait précédemment déclaré que les Etats-Unis devaient consulter plus avant la Russie) aussi bien que la Grèce et l’Italie. Si la Pologne et la République tchèque ratifient le plan américain d’ici la fin de l’année, le système pourrait être opérationnel d’ici à 2012, Washington prévoyant que l’Iran aura des missiles capables de toucher l’Europe d’ici à 2015 ».
« Or, personne [parmi les
membres de l’Union] n’a soulevé la question du bouclier US par rapport aux structures de la politique étrangère et de défense de l’UE, en dépit de l’appel récent du plus haut responsable de la diplomatie, Javier Solana, à tenir un débat de haut niveau sur le sujet, en respect de l’article 16 du Traité constitutionnel européen. Le vice Premier ministre, et successeur potentiel de Vladimir Poutine, Sergaï Ivanov, cité par le Financial Times, soulignait que ni l’Iran ni la Corée du Nord ne disposaient de la capacité technologique qu évoquent les Américains. Alors, puisqu’il n’a pas et n’y aura pas d’ICBM, concluait le Ministre Russe, contre qui est tourné ce système ? Seulement contre nous ?”
[19.04.2007 Andrew Rettman – EUobserver – Bruxelles]
Jean-Michel Vernochet – mardi 8 mai 2007 |
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